Recherche IA

Google DeepMind lance AlphaGenome Atlas pour cartographier 9 milliards de variants ADN

Google DeepMind présente AlphaGenome Atlas, une plateforme gratuite de recherche qui prédit les effets moléculaires de chaque changement possible d’une lettre dans le génome humain.

Publié Mis à jour
Google DeepMindAlphaGenomeScience avec l’IAGénomique

Google DeepMind a lancé le 8 septembre 2026 AlphaGenome Atlas, une ressource de recherche qui utilise l’IA pour prédire les effets moléculaires de 9 milliards de variants à nucléotide unique dans le génome humain. La plateforme vise les chercheurs universitaires et est disponible via un portail web gratuit, l’API AlphaGenome et Google Antigravity.

Cette annonce répond à l’un des grands défis de la génomique moderne. Les chercheurs peuvent lire l’ADN à très grande échelle, mais comprendre ce que chaque changement produit dans une cellule reste beaucoup plus difficile. Le génome humain compte environ 3 milliards de paires de bases, et le remplacement d’une seule lettre peut modifier la régulation des gènes, la production de protéines ou des processus liés aux maladies. Tester chaque variante en laboratoire est irréaliste.

AlphaGenome Atlas s’appuie sur le modèle AlphaGenome de Google DeepMind, qui prédit l’impact possible des variants génétiques sur les processus biologiques. La nouveauté tient à l’échelle: DeepMind a pré-calculé les prédictions sur l’ensemble du génome et les a organisées comme un atlas consultable. L’entreprise indique que l’ensemble représente environ 1 pétaoctet, soit plus de 30 fois la taille d’AlphaFold Database.

La plateforme introduit aussi le score AlphaGenome Variant Impact, ou AVI. Ce score combine AlphaGenome avec AlphaMissense, le modèle de DeepMind consacré aux variants qui modifient les protéines. Il donne un indicateur unique pour prioriser les variants tout en permettant d’examiner les caractéristiques moléculaires qui expliquent la prédiction. C’est essentiel, car seulement environ 2 pour cent du génome code directement les protéines. Le reste, non codant, contrôle l’activité des gènes et intervient dans de nombreux traits.

Google DeepMind affirme que des collaborateurs externes ont déjà utilisé l’atlas pour identifier et vérifier expérimentalement des variants dans des recherches sur des maladies rares non résolues, ainsi que pour trouver des variants rares liés à des traits communs. L’outil ne remplace pas l’expérimentation ni le jugement clinique. Il sert à réduire l’espace de recherche et à orienter les hypothèses biologiques. AlphaGenome Atlas prolonge ainsi la logique d’AlphaFold: rendre une grande quantité de prédictions d’IA accessible comme infrastructure scientifique.